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> Marie Bermond (1859-1941)

Une artiste albigeoise au parcours atypique

 

Portrait de couple

Portrait de femme à la ceinture rouge

Portrait de couple

Portait de femme à la bague bleue

Personnages

L’acquisition de nombreuses œuvres de Marie Bermond par la Ville de Gaillac constitue aujourd’hui un fonds tout à fait remarquable, composé de plusieurs huiles et  dessins. En 1996, une exposition monographique a donné lieu à l’ouverture d'une salle qui lui est désormais consacrée au Musée des beaux arts.

 

Trois femmes dans un parc

 

Portrait d'un couple

 

Les deux amies

 

Trois femmes dans le parc

 

Jeune femme à la pomme

 

Portrait de femme au mur rougePortrait de la cousine Félicie

 

Marie Bermond est née à Albi le 31 octobre 1859 au sein d’une famille de la bourgeoisie albigeoise, son père étant avocat et maire d’Albi. Elle est la troisième fille d’une fratrie de quatre soeurs. Elle fait ses études au couvent du Bon Sauveur à Albi, mais suivra ses premières études artistiques chez Arthur Corbières, artiste albigeois qui, au tournant du siècle,  encourage Marie Bermond à partir pour Paris. Le voyage qu'elle entreprend auparavant en Tunisie lui révèle la couleur. D’ailleurs, toute sa vie, elle montrera un goût prononcée pour les voyages, en particulier pour les pays chauds. On lui connaît des séjours au Canet, à Sanary, à Palma de Majorque…

 

A Paris, elle entre dans l’atelier de Jules Lefèvre (1836-1911), portraitiste officiel et de Benjamin Constant (1845-1902), peintre orientaliste reconnu. Elle fait un court passage à l’Académie Julian, mais celui qui restera toute sa vie son maître (et ami) et lui prodiguera ses précieux conseils, demeure sans nul doute Emile Antoine Bourdelle (1861-1929),  grand sculpteur, élève puis ami de Auguste Rodin (1840-1917). L’atelier de ce dernier étant proche de celui d’Eugène Carrière (1849-1906), elle est aussi influencée par ce peintre, notamment dans le traitement énigmatique et vaporeux de ses portraits.

 

En 1892, elle commence à exposer  avec la Société nationale des beaux-arts. Marie Bermond est alors très introduite dans le milieu artistique parisien des années 1900. Elle se lie avec Rodin et Elie Faure, ce dernier lui préfacera d’ailleurs son ouvrage Le jeu des apparences en 1932. En mars 1902, la "Maison Bing" présente les oeuvres de Marie Bermond puis diverses expositions suivent jusqu’en 1910, au Salon d’Automne, aux Artistes Indépendants, au Champs de Mars, où elle est saluée par les meilleurs critiques, en France comme à l’étranger. Le Figaro, le Gil Blas, le New York Herald publieront à son encontre des textes louangeurs.

 

En 1910, un tournant radical s’opère dans sa carrière. Attirée par la théosophie, elle part à la rencontre de Krisnamurti en Inde dont elle devient la disciple. En réalité, elle abandonne la peinture au profit de la philosophie. Elle séjourne en Inde de 1911 à 1913. Son départ semble avoir été motivé par une baisse de moral et une certaine frustration quant à sa carrière qui ne progressait pas comme elle l’aurait souhaité.
A partir de 1914, date de son retour en France, elle devient une ardente militante de la théosophie, et crée plusieurs journaux pour soutenir le moral des soldats.

 

Ce n’est qu’en 1925, après quatorze ans d’interruption de la peinture et alors âgée de 66 ans qu’elle reprend ses pinceaux, se consacrant aussi à la création de portraits au crayon dits "dessins très simplifiés". Son style change radicalement et devient beaucoup plus expressionniste. Ces années de réflexion et d’étude  modifient profondément sa vision des choses et de l’art, elle le sait, et l’écrit dans son ouvrage Le jeu des apparences. C’est ainsi que son art évolue afin d’exprimer autre chose : "…or ce n’est pas en contournant un œil, une bouche, un nez que l’on peut exprimer le caractère d’un visage ni sa véritable humanité. On ne doit pas chercher à reproduire un oeil, mais un regard, une bouche, mais une douleur ou un sourire, la structure d’un corps et d’un visage que l’étude a révélée mais l’apparition de la vie, il importe peu que dans l’œuvre, on retrouve telle ou telle personne pourvu qu’il y ait quelqu’un…".

 

Elle expose jusqu’en 1938 à Paris puis revient à AIbi où elle meurt au dispensaire de la rue Justin Alibert le 18 mai 1941. Marie Bermond a mené une vie originale marquée par une grande indépendance d’esprit et de hautes valeurs intellectuelles et humaines.
Le musée Toulouse-Lautrec lui a consacré une exposition posthume quelques mois après sa mort.